Fessée, punitions corporelles : des pratiques encore soutenues par une partie des parents
Malgré leur interdiction en France, les punitions corporelles continuent de diviser. Selon une récente étude, une part non négligeable des parents estime encore qu’elles peuvent avoir un rôle éducatif, en particulier chez les hommes.
Quatre hommes sur dix favorables dans certains cas
D’après ce baromètre consacré aux violences éducatives, 40 % des hommes considèrent que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter, contre seulement un quart des femmes.
L’écart entre les sexes est encore plus marqué face à des situations jugées difficiles : près d’un homme sur deux estime qu’une sanction physique peut être acceptable lorsqu’un enfant se montre violent, contre environ un tiers des femmes.
Des pratiques toujours présentes dans les foyers
Au-delà des opinions, ces pratiques restent une réalité. L’étude révèle que :
- près d’un parent sur trois pense encore que ces méthodes sont nécessaires
- environ un quart juge la fessée efficace
- près d’un sur quatre reconnaît y avoir eu recours récemment
Plus largement, les violences dites « ordinaires » (cris, menaces, humiliations ou gestes physiques) restent fréquentes dans l’éducation quotidienne.
Une loi pourtant claire en France
Depuis 2019, la loi française interdit toute forme de violence éducative. Elle précise que l’autorité parentale doit s’exercer sans violence physique ni psychologique.
Une décision renforcée en 2026 par la justice, qui rappelle qu’aucun « droit de correction » n’existe légalement.
Des pratiques encore banalisées
Malgré ce cadre légal, les punitions corporelles restent ancrées dans certaines habitudes. Pour la Fondation pour l’enfance, ces gestes sont encore « banalisés, voire normalisés » dans la société.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette persistance :
- le poids de l’éducation reçue
- la difficulté à gérer certaines situations
- une remise en question de l’éducation dite « positive »
Des conséquences sur le développement de l’enfant
Les spécialistes alertent pourtant sur les effets de ces pratiques. Les violences éducatives, même légères, peuvent avoir des impacts sur le développement émotionnel, cognitif et social des enfants.
Elles peuvent notamment :
- augmenter l’agressivité
- fragiliser l’estime de soi
- normaliser la violence comme mode de communication
Un débat toujours d’actualité
Ces résultats montrent que le débat autour de l’éducation reste très présent en France. Entre cadre légal, évolution des mentalités et pratiques du quotidien, les parents sont parfois partagés.
Si les lignes bougent progressivement, la question des punitions corporelles continue de susciter des discussions… et de révéler des visions très différentes de l’autorité et de l’éducation.

