Smartphones : des enfants équipés de plus en plus tôt, des parents souvent contraints
Les téléphones portables arrivent de plus en plus tôt entre les mains des enfants. Selon une récente étude de la Fondation pour l’Enfance, plus d’un enfant sur deux âgé de 8 à 10 ans possède déjà son propre smartphone. Une évolution qui interroge… mais que de nombreux parents disent subir plus que choisir.
Des écrans omniprésents dès le primaire
D’après l’enquête, 52 % des 8-10 ans sont désormais équipés d’un téléphone personnel. Et leur usage est déjà bien installé dans le quotidien.
Près de 20 % consultent leur smartphone dès le petit-déjeuner, tandis que 30 % l’utilisent au moment du coucher. Une présence constante qui inquiète les spécialistes de l’enfance, alertant sur les impacts possibles sur la concentration, l’apprentissage et le sommeil.
La pression sociale, premier déclencheur
Pour beaucoup de familles, l’achat du premier téléphone répond avant tout à une pression sociale.
Jérôme, père d’un garçon de 9 ans, explique avoir longtemps refusé les écrans avant de céder. Il raconte que son fils ne savait même pas téléphoner à ses grands-parents. À l’approche du collège, la peur du décalage avec les autres enfants a pesé dans la décision.
Jeux en ligne, discussions entre camarades, organisation scolaire : ne pas être équipé peut exposer l’enfant à des moqueries ou à un sentiment d’exclusion.
Pour autant, ce père affirme encadrer strictement l’usage : pas de réseaux sociaux, uniquement quelques jeux et applications autorisées.
Le téléphone comme outil de sécurité
Dans certaines situations, le smartphone est perçu comme une nécessité.
Damien, père séparé, explique avoir offert un téléphone à son fils très jeune afin de maintenir le contact. Selon lui, cet appareil lui aurait même permis d’être alerté de violences subies par l’enfant à l’époque.
D’autres parents évoquent un besoin de rassurance : pouvoir joindre leur enfant à la sortie de l’école, suivre ses déplacements ou gérer des imprévus.
Ali, père de deux filles de 7 et 8 ans, leur prête ainsi un téléphone partagé pour les trajets scolaires, tout en récupérant l’appareil une fois à la maison.
Résister… malgré la pression
Tous les parents ne cèdent pas pour autant.
Asma, mère d’une fillette de 10 ans, refuse pour l’instant d’offrir un smartphone. Elle reconnaît que sa fille se sent parfois mise à l’écart, ne pouvant pas échanger aussi librement que ses amies.
Pour limiter cette frustration, elle autorise ponctuellement l’utilisation de son propre téléphone. Mais elle reste vigilante, notamment face aux réseaux sociaux et aux conflits qui peuvent naître même lors de simples échanges entre enfants.
Réseaux sociaux et jeux déjà présents
L’étude révèle aussi que l’équipement précoce s’accompagne d’usages variés. Un quart des enfants de 8 à 10 ans disposant d’un smartphone s’en servent pour accéder aux réseaux sociaux ou jouer en ligne.
Une réalité qui renforce les inquiétudes autour de l’exposition aux écrans dès le plus jeune âge.