En France, un élève de sixième sur deux incapable de soutenir un effort physique pourtant élémentaire
Les capacités physiques des collégiens inquiètent. Pour la première fois, en septembre 2025, près de 300 000 élèves de sixième ont participé à une évaluation nationale de leur condition physique. Menée dans 2 800 établissements — soit environ un tiers des collèges — cette étude dresse un constat préoccupant, notamment sur l’endurance des jeunes de 11 ans.
Trois épreuves pour mesurer la forme des élèves
Les collégiens ont été soumis à trois tests destinés à évaluer leurs aptitudes physiques :
– un test d’endurance consistant à effectuer des allers-retours de 20 mètres à vitesse croissante jusqu’à épuisement ;
– un saut en longueur sans élan pour mesurer la force musculaire ;
– un sprint de 30 mètres pour évaluer la vitesse.
Les résultats, publiés début février, mettent en évidence des lacunes importantes, particulièrement sur l’endurance.
Une endurance jugée très insuffisante
Près de la moitié des élèves évalués ne sont pas capables de courir plus de cinq minutes à une vitesse minimale de 9,5 km/h.
Plus inquiétant encore : 18 % des enfants s’arrêtent avant trois minutes d’effort, à une allure pourtant modérée.
Des écarts apparaissent également entre les sexes. Les garçons sont plus nombreux à atteindre un niveau jugé satisfaisant : 46,3 % contre seulement 21,6 % des filles.
Les différences sociales sont tout aussi marquées. Dans les collèges favorisés, 43,4 % des élèves présentent une endurance satisfaisante, contre 25,3 % dans les établissements les moins favorisés.
Force et vitesse : des résultats également fragiles
Si les performances sont légèrement meilleures sur les deux autres épreuves, elles restent préoccupantes.
Concernant la force musculaire, seuls 45,5 % des élèves atteignent un niveau satisfaisant. Là encore, l’écart filles-garçons est notable : 55,7 % des garçons contre 34,8 % des filles.
La vitesse affiche des scores un peu plus encourageants, avec 54,8 % d’élèves jugés satisfaisants. C’est également l’épreuve où la différence entre filles et garçons est la moins marquée.
Comme pour l’endurance, le niveau social des établissements influence les résultats.
Une tendance de fond déjà identifiée
Ce recul de la condition physique ne date pas d’hier. Dès 2019, l’Organisation mondiale de la santé alertait sur l’insuffisance d’activité physique chez les adolescents.
À l’échelle mondiale, plus de 80 % des jeunes de 11 à 17 ans ne respectent pas la recommandation minimale d’une heure d’activité physique quotidienne.
La France figurait déjà parmi les pays les moins bien classés.
Le poids de la sédentarité et des écrans
Selon l’Anses, les adolescents passent en moyenne plus de deux heures par jour devant des écrans de loisir. Le temps passé assis ou allongé augmente fortement, en particulier dans les milieux sociaux les moins favorisés.
Cette sédentarité croissante impacte directement la santé physique… mais aussi cognitive.
L’activité physique, un enjeu de santé globale
Les bénéfices d’un mode de vie actif à l’adolescence sont pourtant nombreux : amélioration des capacités cardiorespiratoires, renforcement musculaire, meilleure santé osseuse, régulation du poids.
Des études montrent également des effets positifs sur le développement cognitif, la concentration et la socialisation — avec des impacts durables à l’âge adulte.