Fausses couches : certaines causes pourraient remonter à avant même la naissance de la future mère
Une étude récente ouvre de nouvelles pistes de réflexion autour des fausses couches. Selon des chercheurs, certains facteurs de risque pourraient trouver leur origine… bien avant la grossesse elle-même, parfois même avant la naissance de la future mère.
L’impact de l’environnement prénatal
Les scientifiques s’intéressent de plus en plus à ce que l’on appelle les « effets transgénérationnels ». Autrement dit, l’environnement dans lequel une femme a elle-même grandi — voire celui vécu par sa mère pendant la grossesse — pourrait influencer sa santé reproductive à l’âge adulte.
Exposition à certains polluants, perturbateurs endocriniens, carences nutritionnelles ou stress maternel : ces éléments pourraient avoir un impact sur le développement des organes reproducteurs du fœtus féminin, avec des conséquences potentielles des années plus tard.
Des altérations invisibles mais durables
Les chercheurs évoquent notamment des modifications épigénétiques. Il s’agit de changements dans l’expression des gènes, sans modification de l’ADN lui-même. Ces altérations, liées à l’environnement, pourraient influencer la qualité ovocytaire, l’implantation de l’embryon ou le bon déroulement d’une grossesse future.
Ces mécanismes restent encore à l’étude, mais ils pourraient contribuer à expliquer certaines fausses couches inexpliquées, notamment lorsqu’aucune cause médicale évidente n’est retrouvée.
Un enjeu de santé publique
Les fausses couches concernent environ une grossesse sur cinq. Si les causes les plus connues restent les anomalies chromosomiques, l’âge maternel ou certaines pathologies, ces nouvelles recherches invitent à élargir la réflexion à des facteurs plus précoces et environnementaux.
Comprendre ces influences permettrait, à terme, de mieux prévenir certains risques grâce à des politiques de santé publique ciblées sur la protection des femmes enceintes et de leur environnement.
Des recherches encore en cours
Les spécialistes appellent toutefois à la prudence. Ces travaux, encore récents, ne permettent pas d’établir de lien direct systématique entre l’environnement prénatal d’une femme et ses propres risques de fausse couche.
Ils ouvrent néanmoins des perspectives importantes pour la recherche en fertilité et en médecine reproductive, en mettant en lumière l’importance de la santé des femmes… dès leur propre vie fœtale.