Lait infantile : ce que l’on sait après la mort suspecte de deux bébés
Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes en France après la mort récente de deux nourrissons ayant consommé du lait infantile ensuite rappelé, alors que les autorités sanitaires cherchent à comprendre ce qui s’est passé.
Deux décès examinés séparément
Le parquet d’Angers a ouvert une procédure après la mort fin décembre d’une petite fille de 27 jours, décédée le 23 décembre 2025 dans les bras de sa mère. Selon le procureur Éric Bouillard, la mère a signalé aux enquêteurs avoir donné à son bébé une boîte de lait infantile de la marque Guigoz, dont certains lots ont été rappelés. Des examens complémentaires ont été lancés, mais il est encore trop tôt pour établir un lien direct entre le lait et le décès de l’enfant.
Une seconde enquête, ouverte par le parquet de Bordeaux, concerne un autre nourrisson né le 25 décembre, qui avait été hospitalisé début janvier pour des troubles digestifs après avoir bu du lait infantile de la même marque. Le bébé est décédé le 8 janvier 2026 à l’hôpital Haut-Lévêque à Pessac, en Gironde. Là aussi, aucune preuve n’a encore été apportée d’un lien de causalité entre la consommation de lait et la mort de l’enfant.
Un vaste rappel de lait infantile
Ces deux affaires surviennent dans le contexte d’un rappel important de laits infantiles commercialisés en France et dans plusieurs pays européens, notamment par le groupe suisse Nestlé. Des lots de lait en poudre ont été retirés du marché après des préoccupations autour d’une possible contamination par une substance d’origine bactérienne, la toxine céréulide, produite par certaines souches de Bacillus cereus et pouvant provoquer nausées ou vomissements.
Le rappel a été motivé par des analyses de contrôle qui ont identifié la présence potentielle de cette toxine dans certains lots de lait. En parallèle, d’autres grands groupes, comme Lactalis, ont également retiré des lots de leurs produits infantile en France et à l’international par mesure de précaution.
Pas de lien scientifiquement établi… pour l’instant
Les autorités sanitaires françaises ont précisé qu’à ce stade, aucun lien direct et confirmé n’a été établi entre la consommation des laits concernés et les décès des nourrissons. Des analyses complémentaires sont en cours, et les résultats des enquêtes judiciaires devraient apporter plus d’informations dans les prochaines semaines.
La ministre de la Santé a demandé que toutes les formules infantile suspectes soient retirées du marché afin de protéger les enfants et de rassurer les parents. En attendant, les familles concernées par les lots rappelés sont invitées à cesser toute consommation et à contacter leur professionnel de santé en cas de symptômes chez leur enfant.