Avignon : le premier bébé de 2026 victime d’insultes racistes, ses parents portent plainte
Ce qui devait rester un moment de joie et de fierté s’est transformé en épreuve douloureuse pour une famille d’Avignon. Né le 1er janvier 2026 à la maternité d’Avignon, le petit Zaïd, premier bébé de l’année dans la ville, a été la cible d’une vague de propos racistes sur les réseaux sociaux en raison de son prénom. Face à la violence des attaques, ses parents ont décidé de saisir la justice.
Un heureux événement rapidement détourné par la haine en ligne
Zaïd est né le 1er janvier à 1 h 30, pesant 4,42 kilos. Comme le veut la tradition, le quotidien régional La Provence a consacré un article à cette naissance symbolique. Le père de l’enfant y exprimait sa joie et son émotion.
Mais très rapidement, la publication a suscité une avalanche de commentaires haineux. En cause : le prénom du nourrisson, jugé par certains internautes comme « non français ». Parmi les messages publiés, certains remettaient en question l’intégration de la famille, tandis que d’autres ont sombré dans des propos ouvertement racistes et choquants, visant directement un bébé âgé de quelques heures à peine.
Des propos jugés « intolérables et insoutenables »
Face à l’ampleur et à la violence des commentaires, la rédaction de La Provence a rapidement fermé la section dédiée et supprimé la publication de ses réseaux sociaux. Mais les captures et partages avaient déjà largement circulé.
Dans un éditorial, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, a dénoncé « des centaines de commentaires » glissant très rapidement de la critique des prénoms à « des propos haineux, racistes, intolérables et insoutenables par leur violence ».
Une indignation politique et des signalements aux autorités
Le député de la première circonscription du Vaucluse, Raphaël Arnault, a également réagi sur le réseau social X, évoquant des « commentaires affligeants ». « Le racisme s’est tellement banalisé dans ce pays qu’aujourd’hui, ils s’en prennent même à un bébé qui vient de naître », a-t-il écrit.
L’association Tajmâat, spécialisée dans la veille et le signalement de propos racistes en ligne, a indiqué que plusieurs auteurs de ces messages avaient été identifiés. Des signalements ont été transmis aux autorités, certains auteurs occupant des fonctions professionnelles à responsabilité.
Les parents décident de porter plainte
Profondément choqués, les parents de Zaïd ont annoncé avoir déposé plainte le mercredi 7 janvier 2026, selon La Provence et Ici Vaucluse. Une démarche visant à rappeler que ces propos ne relèvent pas de la simple opinion, mais bien d’infractions pénales.
Pour mémoire, les injures racistes publiques sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Cette affaire rappelle, une fois encore, que la haine en ligne peut toucher jusque dans les moments les plus intimes et les plus symboliques de la vie, et souligne l’importance de protéger les enfants, y compris dans l’espace numérique.