Jumeaux, quand agir avec eux de la même manière et quand les différencier ?

Problématique rencontrée par tous les parents de jumeaux, la différenciation est un point crucial lorsque l’on évoque les twins. Petit tour de la question… Par Johanna – Blog Parents de jumeaux

Par définition, des jumeaux sont deux enfants, qui ont un passé intra-utérin com­mun et sont nés le même jour, souvent à quelques mi­nutes d’écart à peine. Ils peuvent être deux garçons, deux filles ou bien un garçon et une fille. On nomme com­munément ces derniers des jumeaux mixtes et ils sont, sauf en de très rares cas, des « faux jumeaux », c’est à dire des dyzigotes. Lorsqu’il s’agit de deux enfants du même sexe, il peut s’agit de « vrais » ou de « faux » jumeaux. Je ne vais pas vous faire ici l’apologie de la gémellité mais vous parler du quo­tidien, avec ces deux enfants nés en même temps.

On pourrait facilement croire, que, parce qu’ils ont partagé le même utérus des mois durant et qu’ils sont nés le même jour, qu’ils ne forment qu’un. Erreur !

Des enfants multiples sont des in­dividus à part entière. Chacun un cerveau, chacun un coeur, deux bras, deux jambes…. Et surtout chacun leur propre organisme mais aussi des émotions personnelles.

Alors s’il est vrai que c’est parfois plus facile de faire la même chose pour les deux, en même temps, il n’en de­meure pas moins qu’il faut respecter leur besoin de différentiation. C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste la fédération Jumeaux et plus, existante depuis plus de 30 ans et reconnue d’utilité publique.

Voyons ensemble dans quels cas il est plus simple de gérer le duo et quand il est absolument nécessaire de les prendre en compte en tant qu’indivi­du propre.

Les premiers mois

Souvent les plus difficiles pour cer­tains parents, les meilleurs souve­nirs pour d’autres, les premiers mois sont incontestablement intenses. Les enfants ont de grands besoins qui doivent être satisfaits, principalement par les parents mais aussi par toute personne en ayant la charge et/ou les encadrant.

En même temps, nous pouvons :

• leur faire mettre le pyjama

• leur donner le bain

• les coucher

Et pour les biberons ?

Là il y a deux grandes écoles. Il y a les parents qui souhaitent suivre les rythmes de chacun des enfants. Ne pas réveiller numéro bis quand le pre­mier réclame à manger. L’avantage sera de pouvoir se consacrer pleine­ment à un seul des bébés. Un tête à tête souvent trop rare quand on élève des multiples. Les limites : le risque d’être en per­manence en train de donner un bibe­ron… cela peut-être éprouvant no­tamment la nuit.

Et puis, il y a les parents qui sou­haitent « caler les enfants ensemble ». L’avantage sera d’avoir un rythme identique, soutenu certes, mais un rythme quand même.

Les limites : vous devrez redoubler d’ingéniosité pour tenir deux bébés et deux biberons dans une position qui soit confortable pour tout le monde. Certains optent pour deux transats, en face de soi et un biberon dans chaque main. D’autres préfèrent avoir les enfants contre eux et font preuve d’une grande dextérité dans la gestion de l’équilibre et les rototos quasi si­multanés. Et puis, évidemment, bon nombre de mamans de jumeaux les allaitent, parfois même sur de longues durées (il existe à ce sujet plusieurs groupes fermés sur Facebook pour échanger sur l’allaitement de multi­ple).

Le moment de la diversification ali­mentaire est lui aussi crucial. Sauf avis médical, le jour où vous commence­rez la purée de carotte pour l’un, vous le ferez aussi pour l’autre. (A moins que vous ayez envie de vous compli­quer la vie ?). Là encore, sauf indi­cation médicale les menus seront les mêmes pour tout le monde. Bien évi­demment, ne forcez pas les ainés à ne manger que purées tous les jours…

Au bout de quelques mois

C’est souvent là que vous pourrez commencer à observer des diffé­rences entre vos deux enfants nés presque en même temps. Les carac­tères seront différents, l’évolution aussi. Ils n’évoluent pas au même rythme ? Pas de panique. C’est même tant mieux… ils sont donc bel et bien chacun un individu à part entière.

L’un commencera à se retourner et ramper, pendant que l’autre s’attar­dera sur la découverte de ses mains. L’un commencera à manger seul, pendant que l’autre commencera à baragouiner « papa » ou « maman ».

Vos jumeaux ne marchent pas à 1 an ! CA-TA-STROPHE !!! Filez vite chez un pédiatre à Neker… #Humour.

Je vois souvent sur les réseaux, des mamans qui ont besoin d’être rassu­rées, d’être informées. « à quel âge vos loulous ont su faire ceci ? » ou « à quel âge vos jumeaux ont marché ? » « en âge réel ou corrigé ? » (Le sujet de l’âge réel ou corrigé revient souvent notamment les deux premières an­nées, lorsqu’il s’agit d’enfants préma­turés). Pas de panique pour autant, si vos enfants ne marchent pas à 12 mois, d’âge réel ou corrigé. Laissez-lesavancer à leur propre rythme. Ne for­cez pas cet apprentissage. Et si vrai­ment vous avez une inquiétude, n’hé­sitez pas à en parler à votre médecin.

Quand ils grandissent

Vos enfants seront très certainement accueillis en collectivité (crèche) ou bien chez une nourrice. Il sera impor­tant que vous, les parents, soyez en accord avec les personnes qui s’oc­cuperont de vos loulous quand vous vaquerez à vos occupations (bien souvent les enfants sont gardés par d’autres personnes car les parents travaillent, mais il ne faut pas négliger non plus le besoin pour papa ou ma­man d’avoir un temps pour soi).

Pendant ce temps d’accueil, il se peut que votre duo partage son temps avec d’autres enfants du même âge. Ce sera pour vous l’occasion de vous rendre compte de leur « socialisa­tion ». Restent-ils ensemble quoiqu’il arrive ? Vont-ils facilement jouer avec d’autres enfants ? Que se passe-t-il pour l’un et pour l’autre s’ils doivent être séparés pour une raison ou pour une autre ? Ces indications seront im­portantes car elles vous permettront de prendre des décisions le moment de l’école venu.

Car lorsque vous inscrirez l’un des ju­meaux à l’école, vous ferez en même temps le dossier du second ! Et oui !

Si vous habitez à la campagne et qu’il n’y a qu’une seule classe par niveau, peu de chances qu’on vous force à les séparer. Mais si l’école dispose de plusieurs classes de Petite Section, il sera possible que le cadre enseignant décide (souvent à votre place) de les dissocier. La connaissance de vos en­fants et de leurs besoins sera alors in­dispensable pour vous aider à suivre les décisions imposées ou y faire face.

La fédération Jumeaux et Plus, qui dispose d’un comité scientifique, a une parfaite connaissance de la gé­mellité et l’affirme, jusqu’à 6 ans, les jumeaux sont dans une phase de complémentarité. Alors certes, ils ont le même âge et évoluent ensemble mais il sera indispensable de respec­ter leurs besoins individuels, pour leur construction personnelle. Celle des adultes qu’ils seront demain…

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