Propreté : le bon timing !

Tic… Tac… Tic… Tac… ! Une entrée prochaine en ma­ternelle, un petit voisin pas plus haut que trois pommes déjà tout fringant sans sa couche, la pression d’une société oc­cidentale qui impose la propreté de Bébé comme un véritable défi : la conquête du pot qui ne sent pas la rose semble être un véritable casse-tête pour bon nombre de jeunes parents. Pourtant, à qui sait être pa­tient, tout vient très naturellement et l’acquisition de la propreté, si elle est douce et non contrainte, génère bien moins d’angoisses qu’il n’y paraît.

En France, les 18 mois d’un baby sonnent l’alerte. Il est grand temps de passer au pot et bien souvent on oublie même de se demander si nos enfants sont réellement prêts pour franchir ce cap, que dis-je, cette pé­ninsule. On peut aussi dénicher sur le Net deux ou trois méthodes miracles pour que notre loulou soit propre dès ses premiers mois de vie, comme s’il s’agissait là d’une course aux mer­veilles. Bref, si à 24 mois un bambin n’est toujours pas propre, on tire à boulets rouges et c’est la panique à bord. Une erreur vraisemblablement si l’on en croit les spécialistes de la question, qui préconisent aujourd’hui un retour à l’essentiel et à l’écoute de l’enfant. Et bien oui, des cacas et des pipis, vous en aurez à foisons, et il faudra bien vous faire à l’idée que les changes quels qu’ils soient, seront vos compagnons de jeux pendant encore plusieurs (longs) mois.

L’Hygiène Naturelle Infantile, c’est quoi ?

Dans la même veine que la motricité libre ou encore la Diversification Me­née par l’Enfant (DME), l’Hygiène Naturelle Infantile s’inscrit clairement dans une démarche de pédagogie po­ gique. Si cette méthode n’est pas en­core très répandue en France, elle fait pourtant déjà fureur aux États-Unis, pour ses vertus à la fois écolo, mais aussi économiques et psychologiques.

Mais alors en quoi fonctionne cette solution miraculeuse qui nous arrive d’Outre-Atlantique ? Ne plus faire de la couche un bon vieux réflexe occidental et changer les mentalités. Mais attention, c’est plutôt sport et cela nécessite d’être particulièrement à l’écoute de votre enfant. En effet, dès la naissance, la couche n’est uti­lisée qu’en de rares occasions, pour des balades par exemple. Le reste du temps, le bébé est libéré de son enve­loppe absorbante. La difficulté ? Sans doute celle pour les parents de devoir apprendre à déceler les signes d’un prochain besoin. Si votre pioupiou se tortille, pleure ou grogne, sans doute va-t-il vous faire un petit cadeau. Ici, soit vous pouvez placer un récipient comme un pot sous le popotin de votre enfant, soit une serviette pour les plus petits.

On pense alors que les bébés sans couches sont davantage épanouis que les autres. Ils prennent plus vite conscience de la propreté et puis fran­chement, c’est sans aucun doute plus agréable pour eux d’être toujours au sec que de gambader la couche souil­lée.

Seul hic, ne pas avoir peur de gérer les accidents. Les contraintes profession­nelles peuvent elles aussi rendre dif­ficile d’accès cette méthode, notam­ment si Bébé est inscrit à la crèche. A regarder de plus près toutefois…

Le bon moment

De la même manière que dans le cadre de l’apprentissage de la parole ou de la marche, l’acquisition de la propreté répond au rythme personnel de votre enfant et ne se conforme à aucune règle établie. Ainsi, si la majo­rité des enfants sont propres à l’âge de trois ans, il est tout à fait possible que d’autres prennent davantage de temps pour apprivoiser le pot. Le tout étant de déceler les signes qui vous permet­tront de savoir si oui ou non votre bambin est prêt à franchir ce pas.

Physiologiquement parlant, un enfant doit pouvoir contrôler ses muscles et ses sphincters, chose relativement rare avant ses 18 mois. Une capacité qui s’accompagne généralement de manière progressive d’une prise de conscience de ses propres déjections, souvent source de grand étonnement pour vos loulous.

Côté psycho, vous devriez sans trop de mal déceler si votre bambin est prêt ou pas à se lancer. S’il a tendance à toujours vouloir imiter les grands, si sa couche peut rester sèche pendant plusieurs heures, il ne supporte plus d’être « mouillé », s’il semble gagner en autonomie ou si tout simplement il vous suit dans les toilettes montrant une certaine curiosité autour de ce qui se passe dans cette pièce mystérieuse, vous pouvez sans doute commencer à envisager l’achat d’un pot.

Les bons gestes

Vous sentez que votre enfant est prêt à commencer son initiation à la pro­preté ? Soit ! C’est parti ! Attention pour autant, sachez qu’il faudra vous armer de patience. Non seulement les petits accidents peuvent être légion mais surtout, une avancée notable peut s’accompagner d’un passage ré­gressif si votre loulou a connu un épi­sode contrariant comme une maladie par exemple. Soufflez un bon coup et préférez toujours adopter la posi­tive’attitude, plutôt que l’anxiété et le ton du reproche.

Avant toute chose, il est important de choisir la méthode qui vous semble la plus appropriée pour votre bébé, à savoir un pot, le plus fréquemment utilisé, ou bien un réducteur de toi­lettes d’ordinaire préconisé un peu plus tard. Dans le cas du pot que vous pouvez choisir avec votre petit loup (le fait qu’il s’implique dans cette pre­mière étape le familiarisera avec l’en­gin), son emplacement est primordial. Il faut que ce soit facile d’accès tout en veillant à préserver l’intimité de votre enfant. Un pot en plein milieu du sa­lon peut être certes salvateur, mais certainement pas sur la durée ! Les WC semblent être le lieu idéal pour y placer le pot. Votre pitchoune sera sans doute ravi de faire ses besoins au même endroit que ses parents et l’idée est somme toute beaucoup plus hygiénique.

En phase d’apprentissage, il est re­commandé de privilégier les vête­ments simples à enlever, voir l’option du cul-nu si la météo le permet. En effet, au début il est compliqué pour un enfant d’anticiper le choses, aussi est-il de bon augure de lui faciliter la vie ! Même si vous le poussez à em­prunter les chemins de la propreté, votre bambin a besoin de vous pour y parvenir. Pour l’épauler dans cette grande mission, apprenez à recon­naître les signes d’un pipi ou d’un caca en approche. Les mictions répondent souvent à un rythme plus ou moins perceptible, qui doit mettre vos sens en alerte.

Au moment de passer aux choses sérieuses, si vraiment rien ne vient, inutile de laisser votre enfant trop longtemps sur son pot. Vous pou­vez toutefois glisser quelques jouets autour de lui pour qu’il se donne quelques minutes d’attention, mais pas plus ! Le pot doit devenir son meilleur ami et pas l’inverse !

Le vocabulaire est lui aussi important. Les termes « pipi », « caca », « pot » sont souvent très vite maîtrisés des tout-petits. N’hésitez pas à les lui ré­péter plusieurs fois par jour pour qu’il les intègre et les prononce en temps voulu. Un « bravo » de temps à autre est lui aussi bien sûr le bienvenu ! .

Les erreurs à ne pas commettre

Les spécialistes s’accordent tous sur ce point, un enfant qui a subi une trop grande pression au moment de pas­ ser au pot, peut, tout de suite ou plus tard, connaître un blocage psycholo­gique, qui se traduit souvent par un comportement changeant et irritable, voir une certaine angoisse.

Féliciter votre enfant, c’est bien. Lui expliquer les choses, c’est top aussi. En revanche, jouer de la réprimande ou bien culpabiliser votre loulou parce qu’il ne parvient pas à faire ses besoins sur le pot ou vise à côté, ne peut que générer un sentiment de frustration. Méfiance donc, malgré la rentrée scolaire qui approche (gé­néralement la plus grande source de stress chez les jeunes parents), mieux vaut ne pas forcer votre bout’chou au risque qu’il se braque complètement.

Dernier petit point, même si la photo d’un baby sur son pot est clairement irrésistible, inutile d’en faire trop pour autant ! Trimballer votre pot souillé à la vue de tout le quartier n’est pas vraiment une bonne idée… La pro­preté s’enseigne en même temps que les règles de bienséance et d’intimi­té…

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