Le choix du roi…

LE CHOIX DU ROI. En voilà une expression qui me taraude l’esprit ces derniers temps. J’ai un fils. Un ENFANT MERVEILLEUX qui me comble d’amour (et de bagarres) au quotidien. Mais si je devais avoir un autre enfant… Et si, secrètement, je rêvais d’avoir AUSSI une PETITE FILLE…

L’expression prête à sourire. Pourtant, elle est adoptée de­puis des générations par des parents soucieux (envieux ?!?) de se dessiner l’image de la fa­mille parfaite. La famille parfaite. Est-ce une notion qui existe réellement ? Une tribu composée uniquement de petits boys ou de fillettes serait-elle boiteuse ? Je m’interroge.

A notre époque, il suffit de lancer le débat autour de nous, de se fier aux statistiques hautement scientifiques de nos instituts de sondage, pour comprendre que la famille moderne compte généralement deux enfants. Deux enfants, pas plus. Sinon on passe en mode famille nombreuse. Qui sort un peu du cadre. Avez-vous remarqué également tous les jeux-concours qui pullulent sur la toile pour gagner de fa­buleuses vacances en famille ? Si vous lisez bien les petites lignes, la plupart du temps, elles sont valables unique­ment pour des familles composées de deux adultes et deux enfants. Un brin archaïque et restrictif, n’est-ce pas ? Bref, avec mon unique marmot sous le bras, j’ai le cerveau en compote. Je me sens un peu démuni. Faut-il ab­solument que j’ai un deuxième enfant pour que je sois réellement considéré comme «chef de famille» ?

Deux enfants, ça compte énormément…

OK, partons du principe que je veux deux enfants. Pas utopique cela dit, l’idée commence à nous chatouiller l’esprit par ici. Un autre bébé. Mais alors, un bébé garçon ou bien un bébé fille ? Là est tout le dilemme… Et les « Oh mais quelle chance ! Tu as eu les deux, le choix du roi ! » qu’on chantonne aux parents parfaits qui ont réussi à trouver l’équation idéale semble-t-il, ne font rien pour arranger les choses. Je doute.

Instinctivement, pour moi, si je ne ré­fléchis pas, je me dis qu’un enfant est déjà un petit miracle en soi. Que s’il est en bonne santé, c’est la seule chose qui compte vraiment. Une boule d’amour et de risettes, qu’elle soit née fille ou garçon, reste un bonheur de chaque instant. Ou presque…

Mais si j’arrête de me mentir à moi-même quelques minutes. Que je re­pousse un peu les limites de la bien­séance… Et bien je l’avoue, une pépète à la maison, ça me tenterait bien…

Des relations différentes

Quand je regarde mon fils, mon mi­ni-moi, mon coeur se gonfle d’émo­tions et de fierté. Jour après jour, ce petit garçon qui devient un homme, marche sur les traces (et sur les pieds !) de son papa. Avec lui, je partage tout.

Pour un père, avoir un p’tit mec à la maison, c’est s’offrir une jolie cure de jouvence. C’est retomber en enfance. On joue à la bagarre, aux petites voi­tures, on s’invente des aventures folles à base de chevaliers, dragons (oui, Prince LU) et autres espions, on passe des heures à marcher, faire du vélo, de la trottinette. Parfois, on se fâche aus­si. Les chiens de ne font pas des chats et je crois que mon loulou a hérité de mon caractère légèrement bien trem­pé. Alors on boude, chacun dans notre coin, jusqu’à que le premier craque. Ça finit très vite par un câlin et un bisou volé, mais pas trop long quand même « faire un câlin à Papa, ça craint… ». C’est rapide, c’est caché. Ou alors, la tendresse s’intensifie, quand on est, doudou à la bouche, bien fatigué.

En réalité, plus le temps passe et plus je me rends compte que les rôles sont bien cadrés à la maison. Je remarque bien la relation fusionnelle qui lie ma femme et mon fils. Ce lien indéfec­tible entre un petit garçon et sa ma­man. Cette union magique et viscérale qui fonctionne dans l’opposition des sexes. A côté de ça, je regarde autour de moi, mes amis, les membres de ma famille. Ces papas qui connaissent l’ex­périence d’avoir une fille. Bizarrement, on dirait que les rôles s’inversent. Là où l’on doit être la main ferme avec un petit boy, on devient inévitablement le papa gâteux avec une petite princesse. Étrange. Instinctif.

Si j’avais une fille…

Si demain nous devenions parents d’une petite poupée, je deviendrais Roi. Oui, je serais un roi parce que j’aurais la chance de connaître le nec­tar divin et absolu d’avoir un garçon et une fille. D’avoir les deux. Tiens, le chiffre deux qui revient. Famille par­faite. Ça y est, je peux enfin fanfaron­ner et bomber le torse. Je pourrais à la fois conduire mon fils sur les che­mins de la vie pour qu’il devienne un homme respectable et poupouner ma petite puce pour la protéger des vi­lains garçons qui rôderont tôt ou tard autour d’elle. Tiens, je n’avais pas en­core pensé à cela… Là où notre fierté gonfle notre orgueil lorsque l’on a un garçonnet, que se passe-t-il quand on a une petite fille ?

Tout à coup, je suis effrayé. Avec un garçon, je sais y faire, j’ai intégré les codes et je m’en sors du mieux que je peux. Mais avec une fille, comment cela se passe-t-il ? Comment accepter qu’elle grandisse dans un monde peu­plé de dangers ? Quand je m’écoute penser, j’ai l’impression d’entendre mon grand-père. L’éducation des filles serait-elle différente de celle des garçons ? Rolala, je me fais peur tout à coup. Reset, retour à la case départ. Retour à la réalité moderne et aux connaissances que nous avons aujourd’hui. Retour à la parentalité progressive, à celle qui ne fait aucune différence entre les sexes. Je me suis égaré quelques minutes, mais ouf, je reviens à moi. Cela dit, ai-je vraiment le choix…  

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