Couvade : quand mon homme fait une grossesse nerveuse…

Le terme prête à sourire au premier abord et pourtant, la COUVADE est un phénomène très sérieux qui touche près de 20% des futurs papas. Entre GROSSES ANGOISSES psychiques et bouleversements d’ordre physique, Baby & Cie s’invite dans l’INCONSCIENT des hommes. Et franchement… C’est pas facile, facile.

La couvade, c’est quoi ?

Plus connue sous le nom pas très glo­rieux de « grossesse nerveuse » (oui, on attribue plutôt ce terme en règle géné­rale à la condition animale), la couvade est pourtant un phénomène qui touche environ un futur papa sur cinq. C’est dire s’il ne faut pas prendre la chose à la légère si vous y êtes confrontées et y prêter une attention au moins toute aussi importante qu’aux tracas que peut connaître une future maman.

Premier réflexe, on imagine Papa, la crête rouge flétrie sur la tête et le Coco­rico épuisé, un énorme popotin vissé sur quelques oeufs fragiles et frissonnants. Il ne manque plus que le fameux sourire du plombier, et un décor hilarant est planté. Mais une fois cette première image rigolote chassée de nos esprits, on plonge volontiers dans les abysses de l’inconscient masculin, pour tenter de comprendre ce qui se passe réellement dans la tête de nos chers et tendres, lors­qu’ils se mettent à agir si… bizarrement. Comme si finalement, ils portaient eux-mêmes la vie dans leurs bidons plutôt habitués à la pizza et la bière. Roooo, le cliché… Second degré !

Bref. On se retrouve alors empêtrées dans un dédale sinueux de pelotes de laine à démêler car oui Mesdames, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nos hommes eux aussi sont des êtres complexes et bourrés d’émotions.

Tiens, l’odeur de votre parfum l’incom­mode ? Son ventre s’arrondit ? Il vous pique vos nachos grillés au reblochon à quatre heures du mat’ ? SOS, votre cher et tendre devient ni plus ni moins qu’une femme enceinte à part entière ! Bon à un détail près, les hommes enceints, ça n’existe pas, sauf dans Secret Story. Et là, c’est une toute autre histoire…

Les origines du phénomène

Si la couvade est un sujet encore très tabou dans notre société un brin castra­trice, elle est pourtant un phénomène qui trouve ses origines dans de vieilles coutumes passées que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines tri­bus éloignées, dans lesquelles l’homme s’adonne à une sorte de rituel initiatique et profond, qui lui permet de vivre plei­nement la grossesse de sa femme. Le but ? Lui permettre d’accompagner au mieux son épouse et de gagner en impli­cation paternelle.

L’idée peut alors paraître séduisante pour certaines d’entre nous, qui appré­ciont avoir un homme plein de sensibi­lité et de petites attentions à leurs côtés, terriblement fébriles et So Sexy dans leur rôle de papa poule des temps modernes. Pour d’autres, la situation est bien moins acceptée, et peut même revêtir un ca­ractère légèrement… révoltant. Car sous hormones, on ne répond plus de rien. Et voir Monsieur se plaindre de dou­leurs au bas des reins, d’une vessie trop pleine ou de terribles nausées, c’est in­croyablement agaçant !

Vous l’aurez compris, de la même ma­nière que chaque grossesse est diffé­rente, il y a autant de couvades poten­tielles que d’hommes sur cette terre…

Un phénomène plus où moins conscient

Avant de jeter la pierre sur Pierre, Paul ou Jacques, encore faut-il appréhender la situation aussi étrange soit-elle, avec les bonnes clés. Tout d’abord, à moins que votre homme se joue de vos nerfs avec une agilité folle (et dangereuse…), la couvade est une manifestation plutôt inconsciente chez nos trublions.

En effet, il se peut tout simplement que votre homme ait un tel degré d’impli­cation dans sa future paternité, qu’il souhaite tout bonnement la ressentir autant que vous. C’est alors que, sans contrôle sur ces manifestations éton­nantes, votre Loulou se met à ressentir des symptômes plus ou moins marqués, mais surtout, bien réels. Après tout, c’est une jolie manière de montrer qu’il vous soutient. Bon, même si pour le coup, en cas de couvade, vous devez vous aussi endosser le rôle de gentille petite infir­mière qui prend soin de son roudoudou, le rassure quand il se met à fondre en larmes devant la pub Royal Canin ou lui cale un coussin quand ses douloureuses chevilles se mettent à enfler. La barbe, soyons honnêtes.

Plus ou moins inconsciemment encore, certains hommes ressentent une petite jalousie à l’égard de leur dulcinée. Le fait que vous deveniez le centre du monde le temps de quelques longs mois qui lui semblent une éternité peut l’irriter. En même temps, on veut bien le com­prendre le bougre ! Parce que si l’on vous félicite volontiers à tout bout de champ de porter la vie, il est rare de sa­luer les petits combattants de Monsieur qui ont fait une grosse partie du travail eux aussi. Ainsi va la vie !

Les signes qui ne trompent pas

Votre chéri a les nerfs à vif et peut explo­ser de rire ou sangloter sans raison appa­rente ? Il est irritable, fébrile et se sent fatigué ? Pire, il ressent des nausées (peut même squatter à votre place la cuvette des toilettes, si si…), des migraines ou des douleurs abdominales ? La balance s’af­fole quand il ose grimper dessus ? Voilà, voilà, vous y êtes. Votre homme fait cer­tainement une couvade. Il se peut aussi qu’il vous assène de quelques remarques surprenantes et osées, du type « c’est mon bébé à moi aussi… » ou « t’es pas la seule à être enceinte »... Et là, tout un tas de noms d’oiseaux vous passent par la tête… Mais vous les gardez pour vous évidemment.

Bon, en revanche si vous le surprenez en train d’essayer en cachette vos sou­tiens-gorge d’allaitement ou d’essayer de se pincer les tétons pour faire sortir une maudite goutte de lait… S’il se met à parler à son ventre grassouillet ou à prendre rendez-vous secrètement chez votre gygy, le problème est légèrement plus profond…

Comment réagir ?

Même si la situation vous fait mourir de rire, qu’elle vous agace terriblement ou vous fait tellement honte que vous n’osez même pas en parler à vos co­pines, sachez que si la couvade est avé­rée et les symptômes bien réels, il s’agit là d’une véritable situation de crise pour votre homme. Et comme dans toute crise du quotidien, la moquerie n’a pas sa place. On évite aussi d’aborder le sujet en famille ou entre amis, si cela le met mal à l’aise. Les railleries n’ont jamais été bonnes conseillères…

Dans un premier temps, faites-lui lire ces quelques lignes si ce n’est pas déjà fait. Le principal étant pour lui de prendre conscience de ce phénomène, et sur­tout d’apprendre qu’il n’est pas le seul à le vivre. On l’imagine mal parler de ses nausées entre collègues à la pause café, aussi, poser des mots sur son mal-être peut être d’une grande aide pour lui.

Ensuite, avisez. Si vous trouvez la chose plutôt attendrissante, pourquoi voir le mal partout. Après tout, si la couvade est bien vécue, qu’elle ne LE rend pas malade et ne VOUS rend pas hystérique, autant laisser couler. Le temps qui passe et la naissance de votre baby approchant seront vos principales portes de sortie.

Si en revanche la « grossesse nerveuse » est mal vécue, qu’elle met à mal votre couple et transforme votre vie de tous les jours en parcours du combattant, mieux vaut réagir illico. Une discussion franche, ouverte mais toujours bienveil­lante s’impose et quelques « attention mon chéri, là, tu abuses légèrement… » prennent alors le relais pour séreniser vos semaines de gestation.

Souvent, si les premiers signes appa­raissent à la fin du premier trimestre lorsque les choses se précisent davan­tage, ils peuvent tout aussi bien dis­paraître avec un peu d’empathie et de compréhension.

La couvade devient pour vous et votre mari un vrai cauchemar et malgré tous vos signaux d’alertes et efforts consentis par votre chéri, rien ne change ou pire, la situation s’aggrave ? N’hésitez pas à vous faire aider… Car après tout, il n’y a aucun mal à vouloir couver…

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