Adolescence et sexualité : le bon moment ?

Inutile de se voiler la face, votre enfant grandit et bientôt, la question de la sexualité sera inévitable. A vous d’adopter la positive attitude et de trouver les mots justes pour une transition toute en douceur.

« Dis papa, comment on fait les bébés ? » Cette phrase culte fait doucement sourire, et pourtant, elle traduit une vérité inaliénable : vos enfants deviendront un jour des personnes sexuées. Un peu rude, certes, mais cette étape cruciale mérite toutes les attentions pour qu’elle ne soit ni traumatisante pour vous autres parents et encore moins pour vos bambins. Pour vous rassurer (ou pas?!?), dites-vous bien que la sexualité fait partie intégrante de notre quotidien et de celui de nos enfants, ne serait-ce qu’au travers de la télévision, des magazines et même des stars qu’idolâtrent vos ados, bien souvent à moitié dénudées et aux déhanchés évocateurs. Et oui, l’innocence de nos chères têtes blondes devient une véritable plaie à préserver et il est devenu tout à fait obsolète de tenter de leur mettre des oeillères.

NE PANIQUEZ PAS !

De jour en jour votre enfant fonce vers l’adolescence et vous, bien souvent, vous devenez les spectateurs cois et passifs qui subissent avec effroi le temps qui passe sans pouvoir y remédier. Et bien réveillez-vous et prenez le taureau par les cornes ! Le premier rôle d’un parent, outre celui de chérir son enfant, est de le guider à travers les chemins de la vie du mieux qui soit.

Votre petite princesse rentre un jour du collège en pleurs à cause d’un chagrin d’amour ? Votre petit boy se vente de ses multiples conquêtes ? Et oui, Barbies et autres petits soldats sont condamnés au placard et vous, vous êtes désemparés. Pourtant, c’est là que vous devrez entrer en scène, avec toute l’assurance d’un parent salvateur, qui trouve les mots justes et comprend son enfant… qui devient grand. Certes, c’est plutôt difficile, mais plutôt que de se voiler la face indéfiniment, mieux vaut être celui ou celle qui devient le miroir des découvertes et des angoisses de son pré-ado.

TROUVEZ LES MOTS JUSTES

L’important ici est de comprendre qu’en face de vous ne se tient plus le bébé-tototte d’autrefois mais bel et bien un adulte en devenir. Aussi, prendre l’exemple des papillons ou des coccinelles pour expliquer la sexualité à votre ado semble être une erreur. Exit les choux et les roses, la maternelle est belle et bien de l’histoire passée. A ce stade de la vie de votre enfant, votre rôle n’est plus de lui expliquer ce qu’est la sexualité (il le sait déjà!) mais d’agir à titre préventif pour le sensibiliser aux dangers qui y sont malheureusement associés. Ne vous imposez surtout pas comme des maîtres à penser accusateurs et encore moins comme l’un de ses « potes ». Dur dur alors de trouver le bon équilibre sans paraître ni trop rigide ni trop amical.

Ici, deux possibilités s’offrent à vous. Soit votre pré-ado viendra de lui-même vous poser des questions concrètes ou pleurer sur votre épaule et là, vous devrez tout simplement être à son écoute sans jamais apporter de jugement, soit vous engagez vous-même la discussion pour savoir où il en est et lui apporter les bases d’une sexualité saine.

LES BONS RÉFLEXES

Même si vous auriez préféré que vos enfants restent à jamais des petits angelots tout mignons, tout cela n’est que chimère. Que vous le souhaitiez ou non, votre pré-ado viendra à la sexualité plus ou moins tardivement. Le tout est de digérer cette première nouvelle pour vous amener au bon raisonnement le plus vite possible, avant que le train ne passe. Maintenant, vous devrez penser mise en garde, prévention et contraception.

La mise en garde n’est en aucun cas une discussion de dissuasion (même si elle y ressemble), mais une étape nécessaire au dialogue avec votre enfant. Dans un premier temps, vous pouvez lui demander, dans le ton de la confidence, si oui ou non il envisage d’avoir des rapports sexuels dans un proche avenir. Soit il vous répond que c’est déjà fait (et là, c’est la crise cardiaque), soit il vous dit qu’il l’envisage avec sa moitié du moment (attention, avis de tempête prochaine !), ou alors il vous rit au nez en disant qu’il ne se sent pas du tout prêt (ouf, même si cela ne durera pas). Dites à votre ado qu’il a tout son temps pour découvrir les plaisirs de la chair et que l’expérience n’en sera que plus intense une fois adulte. Attention, ne vous prenez jamais comme exemple : « nous on a attendu notre nuit de noces pour le faire »… N’oubliez pas pas que pour votre enfant vous êtes totalement asexués ! Beurk, enfin !

Dans un deuxième temps, vous devrez aborder avec lui la question de la prévention. De nos jours, une prévention plus ou moins efficace se fait en milieu scolaire. Mais dites-vous bien que dans la tête d’un ado, pour qu’un message soit imprimé, il faut se lever tôt. Sans lui faire un cours magistral et rébarbatif, évoquez bien évidemment avec lui les risques de MST. Pour vous aider, des ouvrages dédiés existent en librairie et permettent, avec des mots simples, de sensibiliser le jeune public. Enfin, pensez et agissez contraception ! Vous avez le sentiment que votre ado a franchi le cap ou qu’il y pense, ne vous reposez pas sur vos lauriers et faites le nécessaire dès les prémices annonciateurs d’une sexualité active de votre enfant. Pour les filles, on pensera alors à prendre rendez-vous chez le gynécologue pour la prescription d’une pilule tandis que pour les garçons, l’idéal serait de placer discrètement des préservatifs dans un endroit où vous serez sûrs qu’il les trouvera en temps voulu. Oui, après les couches, les devoirs et les câlins, c’est ça aussi d’être parents…

TOUTE PREMIÈRE FOIS

Les années passant, les ados deviennent sexuellement actifs de plus en plus jeunes. En moyenne en France, un mini adulte passe le cap à 16,5 ans. C’est tôt surtout lorsque l’on sait qu’il y a à peine 50 ans, cet âge moyen avoisinait les 21 ans. Une précocité qui s’explique par l’environnement chargé de sexualité qui entoure les jeunes d’aujourd’hui, au travers de publicités ou de clips vidéo par exemple.

Rassurez-vous tout de même, rares sont ceux à franchir le pas avant 15 ans. En revanche, méfiez-vous des à priori ! Alors que l’on s’imagine les filles plus réfléchies et les garçons un peu plus primaires, 40 % des jeunes filles de notre époque avouent avoir eu leur première relation sexuelle à 15 ans (ou moins…) contre seulement 25 % des garçons. Autant dire que nos chères demoiselles semblent être beaucoup plus fleurs bleues et influençables qu’on ne le pense. Ah les idées reçues…

Toutefois, une première fois reste un moment intime qu’il est souvent difficile de partager avec ses parents (repensez à votre propre expérience!) et bien souvent, il s’agit d’une amie proche ou d’un oncle voisin qui devient le confident « adulte » privilégié de votre enfant. Ici, ne le prenez pas pour vous en vous assénant d’un « mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il n’ait pas confiance en moi ! », il s’agit là d’une réaction plus que normale étant donné que le premier rapport est souvent vécu comme une faute par un ado. Et rares sont les enfants à venir dénoncer d’eux-mêmes leurs bêtises à leurs parents. A vous donc de ne pas le culpabiliser et surtout, de ne pas le froisser pour lui faire passer le message qu’entre vous existe un échange libre et un dialogue ouvert. On passe les détails bien entendu mais on essaie toujours de prendre la chose avec le sourire (et s’il vous plaît, on court pleurer en cachette)!

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