Tendance Fada ou Siphonnée ? Nan ! nan ! Je suis FA-SI-NÉ Oh hey oh hey

La MUSIQUE adoucit les moeurs qu’ils disaient, alors profitons-en pour couper le son aux impressions…Par Christophe de Parents de Jumeaux

Fascinant, voilà un mot qui définit parfaitement le regard que l’on peut porter sur les jumeaux. A tout les niveaux d’ailleurs. Que ce soit dans le positif comme dans le négatif.

Ce que l’on ne connaît pas intrigue, interroge, parfois même inquiète. Les notes sont stridentes, interrogatives Mais une fois qu’on connaît, qu’on découvre, soudain la musique change et les ritournelles du passé semblent bien fades comparé à ce que l’on vit au quotidien.

Fascinant, c’est la musique qui ré­sonne dans ma tête en regardant nos jumeaux. Je dis musique, car il n’est pas rare qu’à chaque moment de la vie, on associe une chanson. Notre humeur elle-même a tendance à vou­loir des sons différents en fonction des moments. La musique finalement n’est qu’une sorte de réminiscence ou marqueur de nos émotions qui prend tout son sens dans la douce mélodie de l’aventure multiple.

Musique d’ailleurs

Je me rappelle à la naissance de ma première fille (oui, parce que je n’ai pas que des jumeaux sinon ça serait encore moins drôle), on écoutait un disque de Renaud dans la salle d’ac­couchement. Il tournait en boucle en attendant qu’elle pointe le bout de son nez. Et quand vint Le moment, la musique qui passait alors se grava doucement dans ma tête sans que je ne fasse attention à rien d’autre. Vivre le moment en se laissant bercer.

Plus tard, je réaliserai que cette chan­son qui m’enivrait à chaque fois que je la réécoutais n’était autre que « Mort les enfants »… Gloups… Hors-sujet complet au niveau des paroles, on en convient ! C’est là que j’ai réalisé qu’au delà du sens profond, le rythme et les batte­ments avaient un quelque chose de magique et si fort en émotions.

Notes discordantes ?

Nous y voilà… L’arrivée de nos ju­meaux. Enfin déjà leur annonce. Loin d’être rassurante au début, ap­prendre que nous attendions deux petits êtres m’a soudain enfoui dans une sorte de musique stridente, tam­bourinante. Limite angoissante. Sur les premiers instants, je me croyais plongé dans un film à sus­pense. Je m’imaginais face à une porte qui donne vers l’avenir, la petite mu­sique stressante qui va bien, le coeur qui bat… J’ouvre ? J’ouvre pas. Bon pas le choix, hein !

Si on n’a pas soi même des jumeaux dans sa famille, on se fait vite rattra­per par les ritournelles entendues ça et là depuis notre enfance. Ce que j’entendais, croyais savoir, les paroles peu réjouissantes, me donnait une impression de fausse note. Un gros larsen dans mes oreilles, des notes grasses qui venaient m’envahir.

Avec tout ça, c’était sûr, les notes ne seraient plus jamais les mêmes. La musique c’est fini. Le Dodo, oust, disparaîtra de la par­tition, tamé je vais devenir. Ça va devenir imposSible. Nooon… Lais­sez-moi tranquille, etc…

Dé-croche aux doubles croches

Et puis j’ai baissé le volume de tout ce bourdonnement acquis. Essayé de ressentir plutôt que m’ensevelir par ce que je ne connaissais pas. Petit à petit, les impressions se transforment. Cette partition inconnue, devient curiosité. On apprivoise les nouvelles tonalités. On devient impatient d’écouter.

Et voilà le jour où ils entrent dans notre vie pour la changer à jamais. En un instant je comprends que je n’en­tendrai plus jamais les choses de la même manière.

Les jumeaux, je décrirais ça au­jourd’hui comme un disque que l’on découvre et qui nous scotche aux pays des frissons quand on l’écoute.

Une nouvelle partition

La sonnette vient de retentir. Ils ar­rivent. Je dois filer pour rejoindre la maternité.

Dans ma voiture, pour un court trajet de 10 minutes, je plane. La musique qui passe vibre comme un message. Cette fois la musique dynaMique m’emporte comme si je devenais in­vincible, décuplé d’une force obscure qui se veille. Les paroles collent en tous points à l’instant. Une sorte de vélation de ce que cette nouvelle partition va avoir d’enrichissant en y ajoutant une paire de croches. Des doubles croches en somme.

Le signe précurseur qu’il faudra en profiter, prendre le temps de savourer. Ce que de l’extérieur les gens voient comme une succession d’arguments négatifs, se révèle, en fait, être une avalanche de beaux moments à venir. Je vous livre mon secret, j’écoutais : On court de Yannick Noah – «Venez on s’arrête et on ferme les yeux… on s’arrête et on danse». Fantastique !

Ça dé-note !

Voilà, j’ai changé de tonalité. Exit les notes graves : Dommage, Mince, Fatiguant, DéSolé, et autres Sidéré. On en a plein le Dos avouons-le. Je préfère une mélodie plus douce, pi­mentée de notes aiguës et qui teinte les choses d’un aspect nettement plus positif : PétilLant, Fabuleux, Miri­fique, enSoleillé. Il faut dire que les ai­guës sont d’une fréquence plus rapide que les autres notes, ce qui permet de changer les couches, donner les bibs à l’enfilade sur un rythme super en­traînant.

Saint Bale

11 mois après, c’est un réel bonheur. D’ailleurs, qui aujourd’hui échange­rait ses jumeaux contre un enfant simple ? Personne! Forcément avec des doubles croches, le rythme est plus rapide. Tout est multiplié, am­plifié. Deux notes, semblables mais différentes qui apportent toute la nuance. Le petit plus qui donne un charme fou.

J’aurais pu vous réciter les problèmes d’accords, les notes pas toujours justes, les soupirs, les répétitions mais vous les découvrirez par vous mêmes et vous verrez que ce n’est rien com­paré aux vibrations positives que vous pourrez ressentir par ailleurs.

Maintenant que vous avez un peu écouté ma musique, savez-vous pourquoi les cymbales marchent par deux ? Avouons-le, seule, la musique en devient moins audible ! D’ailleurs en plein concert, il ne vous viendrait pas à l’idée d’en rendre une, si ? Et bien les jumeaux c’est pareil ! On a peur du bruit au début… Mais finale­ment on ne pourrait plus faire sans.

Alors à tout ceux, encore aujourd’hui qui me proposent des paroles encou­rageantes, compatissantes, comme si j’allais franchir l’Everest, je leur ré­ponds en chanson : LalaLalalalère on a des multipleeeee -es !

Oubliez ce que vous savez, ce que vous entendez. Ressentez, profitez. Ce n’est pas donné à tout le monde de devenir virtuose. Virtuose des mains, de l’organisation, mais virtuose quand même ! Une chance que je vous dis…

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