Vers les chemins de la bienveillance…

Il y a quelques temps, j’ai pris conscience que la METHODE D’EDUCATION que nous donnons à notre aînée n’est pas satisfaisante et ne correspond plus à nos attentes. C’est donc tout naturellement et en accord avec mon mari que nous avons pris un NOUVEAU CAP pour elle et pour sa petite soeur de quelques mois. Notre destination ? La BIENVEILLANCE… On vous embarque avec nous ?

Les VEO, kesako ?

Les VEO, ce sont les violences éduca­tives ordinaires. L’éducation qu’envi­ron 90% des trentenaires actuels ont subi quand ils étaient petits. Le mot « violence » va certainement paraître exagéré pour certains, et pourtant… c’est bien la triste réalité.

Je ne parle évidemment pas de la mal­traitance et des enfants battus, cela est une toute autre histoire.

Cette éducation consiste à vouloir éduquer son enfant, pas à le blesser. Seulement, cette éducation fait du mal, du mal caché, du mal sur le long terme.

Les violences éducatives ordinaires, ce sont les cris, les menaces, les claques, le chantage, les comparaisons, les ju­gements, les dévalorisations, les iso­lements et toutes formes de pression psychologique, subies à l’école ou à la maison.

L’éducation à l’obéissance est le dé­but des violences éducatives ordi­naires. Le parent pense qu’il sait ce qui est bon pour son enfant parce qu’il est supérieur et plus expérimen­té que lui. L’enfant doit donc obéir, pour son bien. Un enfant qui a subi des violences éducatives ordinaires les fait subir à son tour en tant qu’adulte, parce que non seulement c’est ce qu’il a toujours vécu, mais qu’au delà de ça, il estime que c’est la meilleure éducation possible. Une fois parent à son tour, ses enfants lui obéiront sans contestation comme lui a obéi aupara­vant à ses parents.

Pourquoi les VEO ?

On a tous entendu le fameux « j’ai pris quelques claques quand j’étais jeune, ça ne m’a pas tué ! Et au moins je respectais les adultes ! ». Cette méthode éducative étant la plus répandue, chacun est convaincu que c’est la meilleure pour avoir des enfants bien élevés et res­pectueux.

Non, nous ne sommes pas morts des suites de châtiments corporels, mais est-ce que la crainte et la soumission sont des formes de respect ? Lorsque nous étions jeunes, nous nous te­nions correctement car nous savions qu’au moindre dérapage, nous allions être punis ou recevoir une fessée. Ce n’était pas par respect envers l’adulte, mais par soumission et peur.

Quelles conséquences alors ?

Les enfants qui ont subi cette éduca­tion deviennent la plupart du temps, des adultes qui la font subir incon­sciemment aux autres. Souvent en grand manque de confiance en eux car on ne leur a jamais demandé leur avis, ce sont parfois des adultes qui humilient et rabaissent leurs congé­nères, dès qu’ils en ont l’occasion. Plus les violences éducatives ordi­naires étaient importantes et plus les adultes les reproduisent. Classique.

Les conséquences sont multiples: at­teinte à l’estime de soi, augmentation de l’agressivité et des comportements anti-sociaux, traumatismes sur la san­té mentale et physique des bambins. Pourtant, la plupart du temps, rien de tout cela n’est visible et la plupart pré­fère penser que tout cela n’est que de l’exagération.

Comment peut-on, en 2016, nier l’existence de ces violences ? Sous prétexte que c’est un mode de fonc­tionnement depuis des générations, personne n’ose le remettre en ques­tion. Comment accepter qu’au­jourd’hui, les enfants, qui sont des personnes vulnérables, soient les seules personnes qu’on ait le droit de frapper ou punir sous prétexte qu’on les éduque et les corrige ?

Frapper un adulte ou l’humilier est considéré comme une atteinte à sa di­gnité ou à ses droits et est punissable par la loi.

Les violences de couple sont considé­rées comme des délits. On n’entendra plus aucun homme dire qu’il fait ce qu’il veut avec sa femme parce qu’elle est sienne. Pourtant, il est toujours possible d’entendre des parents dire que c’est leur enfant et qu’ils l’élèvent comme ils le souhaitent. La famille reste donc une zone de non-droit qu’il est urgent de corriger.

Comment corriger cela : la bienveillance

La bienveillance est encore trop souvent mal perçue. En effet, elle est confondue avec le laxisme et on imagine qu’être bienveillant avec son enfant, c’est ne pas le confronter à la frustration et le laisser faire tout ce qu’il souhaite.

Or, bienveillance n’est pas synonyme de permissivité. Un enfant a besoin d’un cadre pour grandir correctement et les interdits ont donc leur place dans cette éducation.

Quels sont donc les principes de la bienveillance ?

Il faut comprendre que le plus impor­tant dans l’éducation, c’est d’accom­pagner son enfant pour le faire gran­dir, et ne pas lui imposer nos idées. Voici quelques idées pour arriver à instaurer un climat bienveillant avec vos enfants :

– Répondez à leurs besoins affec­tifs, dès leur naissance, et sans délais. Ainsi, quand bébé a besoin de son parent, parce qu’il a faim ou simple­ment parce qu’il a besoin de contact, la bienveillance veut qu’on ne le laisse pas pleurer seul dans son coin mais qu’on soit là pour lui donner ce qu’il demande.

– Instaurez une relation de confiance en renonçant à vouloir forcer le res­pect parental à tout prix mais plu­tôt en le méritant car votre enfant reconnaîtra votre autorité sans que vous ayez besoin de l’imposer. L’au­torité forcée est de l’autoritarisme qui conduit à de la soumission ou à de la rébellion.

– Aimez votre enfant pour ce qu’il est et pas pour ce que vous avez imaginé qu’il soit. Cela paraît bête, mais c’est essentiel. On a parfois une idée de l’enfant que l’on désirait, et voir que notre bout’chou prend un chemin différent de ce que nous avions ima­giné pour lui nous déstabilise et nous pousse à être plus ferme avec lui pour qu’il ne s’écarte pas de cette route. Accepter son enfant et l’aimer pour ce qu’il est lui permet d’être ce qu’il désire et non pas de devoir changer son identité pour conserver l’amour de ses parents.

– Écoutez votre loulou et acceptez ses émotions quelles qu’elles soient. La colère, la peur et la tristesse peuvent avoir des conséquences désastreuses si elles sont réprimées. La colère peut devenir violence, la peur de l’angoisse et la tristesse, une forme plus ou moins sévère de dépression.

– Accompagnez votre enfant en trouvant la bonne place à ses côtés. Montrez un exemple de confiance et de respect. Sachez que vous êtes un modèle pour lui et qu’il reproduira ce qu’il verra. Pour être un parent bienveillant, il faut avant tout faire un travail sur soi pour arriver à gérer cal­mement toute situation et arrêter de crier. Sur le même principe, apprenez à vous excuser et à parler de vos émo­tions à votre enfant, cela l’incitera à faire de même !

– Formulez des phrases positives, sans négation. Plutôt que de dire « ne cours pas sur le bord de la route », préférez « reste près de moi, je souhaite que tu sois en sécurité ». Utilisez le « je » à la place du « tu ». Ainsi, au lieu de « tu es vraiment pénible aujourd’hui », il vaut mieux dire « Je suis agacée par le bruit que tu fais alors que je suis au téléphone car je n’entends rien. »

Comment réussir à être un parent bienveillant, à rester calme et ne pas crier ?

Quand on a vécu pendant trente ans dans la VEO, il est difficile de passer d’un jour à l’autre à la bienveillance, c’est certain. Avant de commencer avec vos enfants, il faut commencer par vous. Voici quelques astuces :

– Prenez du recul, ne réagissez jamais à chaud . Si vous sentez l’énervement arriver, soufflez, et demandez-vous si cela vaut la peine de crier sur votre enfant. Est-ce une situation d’urgence (en cas de danger il est quasiment impossible de garder le contrôle) ou n’est ce pas si grave que cela?

– Dites vous que ce n’est pas parce que vous laissez la possibilité à votre enfant de s’exprimer qu’il vous manque de respect, vous n’êtes pas un mauvais parent si vous ne faites pas taire immédiatement votre enfant (par soumission), au contraire.

– Demandez-vous pourquoi vous avez envie que votre enfant vous écoute et vous obéisse à tout prix, sans avoir le droit de répondre et ce que vous essayez de lui enseigner de cette ma­nière.

– Essayez de rester calme autant que vous le pouvez. Vous verrez que cela fait un bien fou, et que ça sera bénéfique sur tout votre quotidien et pas seulement en cas de crise avec votre enfant. Vous apprendrez ainsi à mieux gérer chaque situation et à être moins stressé au final.

– Remplissez vos réservoirs d’énergie en dormant correctement et en fai­sant des choses qui vous plaisent afin d’être positif en toutes circonstances. Remplissez également vos réservoirs affectifs. Un manque à ce niveau là peut entraîner un cercle vicieux qui aura des répercussions sur l’affection que vous portez à vos enfants.

– Revoyez souvent vos priorités. Si votre enfant a cassé malencontreuse­ment un objet de la maison, est-ce si grave ? Si vous avez 5 minutes de re­tard le matin, est-ce d’une importance capitale ? Essayez de lâcher prise sur ce qui n’est pas essentiel.

Voilà, vous êtes parés pour réussir. Et si vous êtes convaincus par cette façon de voir, n’hésitez pas à vous renseigner et à lire des ouvrages sur le sujet. N’ayez pas peur du « reste du monde » dans lequel évolue votre enfant, il sera peut être confronté aux VEO, mais avec la bienveillance qu’il aura reçu, il aura la confiance et la force nécessaires pour y faire face.

Si votre enfant est déjà grand, vous pouvez quand même passer à la bien­veillance. Cela demandera du temps et beaucoup de communication, mais le jeu en vaut la chandelle. Et n’oubliez pas « Ne faites pas à autrui ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse ».

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