Hypersexualité : nos fillettes en danger ?

Ballottées par une société qui ne les protège plus, nos petites princesses se métamorphosent inexorablement dès le plus jeune âge en femmes-enfants. Triste débat sur une mutation frénétique qui les met en danger.

Des vêtements qui se raccourcissent, des poses de plus en plus aguicheuses, du maquillage à profusion et un discours de jeunes adultes : très tôt, de nombreuses petites filles nourrissent de nouvelles envies, dont celle de devenir femmes avant l’heure. Sans qu’elles n’aient réellement conscience de ce que cela représente, ces petites âmes innocentes s’inscrivent dans une spirale dangereuse qui les propulse dans un monde qui ne ressemble en rien à celui des Bisounours. Mais comment expliquer ce phénomène, quelles en sont les conséquences et surtout, comment le contrecarrer ? Que faire pour que nos petites princesses ne quittent pas leur enfance trop vite ? So Family lève le voile sur un sujet tabou pourtant primordial.

LA VIOLENCE DES TEMPS MODERNES

A notre époque, nous étions fascinées par les jolies demoiselles des Malheurs de Sophie, espiègles mais prudes ou par les princesses de dessins animés qui nous berçaient de rêves de contes de fées. Aujourd’hui, les mentors des jeunes générations ont changé, et partout, la sexualité et la provocation s’affichent sans vergogne. Tristes modèles pour nos enfants, les starlettes de la pop en sont la preuve vivante, sans cesse plus sexy et séditieuses, autant dans leur langage que dans leur gestuelle, qui visent à érotiser les clips musicaux. La télé-réalité, si elle sait détendre les adultes, prône une image faussée de la vraie vie à cause de la starification de bimbos écervelées. Malheureusement, si nous autres parents savons faire la part des choses, dans la tête d’une petite fille, le discours est interprété d’une toute autre manière. Les codes sont ainsi bouleversés et nos bouts de chou encore d’innocentes petites choses il y a peu, s’imaginent devoir ressembler à ces énergumènes en jupes courtes pour exister.

Et la tendance s’affirme jusque dans les étals des magasins de jouets, qui proposent, histoire de « vivre avec leur temps », des poupées autrefois vêtues de longues robes de princesses, maintenant de plus en plus sexy (résille, bas, décolletés, mini-jupes, make up outrancier…). Et les ventes explosent tristement. C’est ainsi que tout naturellement certains distributeurs se sont amusés à proposer de la lingerie trop osée pour des enfants, déclinée avec des strings taille 6 ans ou des shortys en dentelle ajourée. Les chaussures gagnent elles aussi quelques centimètres de talons et il est fréquent aujourd’hui dans les rayons déguisements des boutiques spécialisées de dénicher des tenues pour le carnaval plus que provocantes et qui font honteusement taches au côté du traditionnel costume de Maya l’abeille. Certaines mini-miss aussi ont tendance à se vulgariser, pour devenir une espèce mutante dotée d’une tête d’adulte sur un corps d’enfant. Sans parler bien sûr des influences extérieures qui jouent un rôle prépondérant sur le passage hâtif des petites filles dans le monde adulte et l’avènement d’Internet des réseaux sociaux, qui démocratise de plus en plus la chose. Il n’est pas rare de voir aujourd’hui des jeunes âgées d’à peine 10 ans avoir leurs propres comptes, sur lesquels elles affichent fièrement des photos d’elles avec des moues boudeuses ou des poses suggestives dont elles ne connaissent pas, bien souvent, la signification. Car le drame est bien là, nos enfants n’ont aucune idée de ce qu’elles font et du danger qu’elles courent. Si la face du monde a changé, c’est aussi parce qu’il est peuplé de requins…

DES DANGERS RÉELS

Aujourd’hui, l’hypersexualisation n’est pas un sujet à prendre à la légère. Certes, mettre un peu de rouge à lèvres à sa fille ou la laisser essayer ses escarpins à talons reste tout mignon (et on craque!) et n’a jamais fait de mal à personne, mais au-delà de ça, une protection et surtout une sensibilisation auprès des plus jeunes est nécessaire. En effet, à force d’être serinées par l’exemple de demoiselles plus âgées, aguicheuses et peu vêtues, nos petites filles perdent, sans le savoir, une importante estime d’elle-mêmes. Transformées en femmes objets, elles n’ont pas conscience de devenir peu à peu les futurs objets de fantasmes mal placés. Entre innocence et dévergondage il ne semble aujourd’hui n’y avoir qu’un pas, et c’est cela le plus affolant…

Bien heureusement, le constat n’est pas général. Mais les petites filles happées par ce cercle vicieux n’ont certainement pas conscience de l’image qu’elles véhiculent et de l’intérêt qu’elles peuvent susciter, notamment sur Internet, sur des adultes peu scrupuleux. D’autre part, le fait de grandir trop vite les pousse vers des désirs qui ne sont pas de leur âge, comme celui de plaire, de séduire, d’avoir de la poitrine et d’être sexy. Ainsi, leur développement est-il perturbé par des préoccupations qu’elles ne devraient pas avoir, et cela influe tristement sur leur futur comportement de jeune femme. Faussée, la réalité qu’elles admirent les fait peu à peu basculer vers le côté obscur…

AUX ARMES !

Parce qu’on ne peut pas imposer aux industriels (et c’est bien le plus frustrant) de garder une certaine pudeur dans les publicités qu’ils diffusent ou dans les produits qu’ils mettent à la vente, parce qu’il est impossible d’ôter le pain de la bouche de certaines chaînes de télévision qui abrutissent nos enfants, parce qu’il est plus que compliqué de palper l’influence de quelques mauvaises connaissances de nos enfants, parce qu’au final nous autres parents sommes démunis : il faut apprendre à ouvrir le débat directement avec les plus jeunes et les avertir des dangers auxquels elles font face. La discussion doit être franche et honnête (inutile de se voiler la face, les préados en savent beaucoup plus qu’on ne le pense) et veiller au grain avec la plus grande des vigilances. Ainsi faut-il apprendre à savoir dire non dans les choix de nos enfants parfois douteux en terme de vêtements, à limiter le port du maquillage, à contrôler les émissions de télévision regardées et surtout à se méfier des mauvaises influences alentours, physiques ou virtuelles, le tout sans tomber pour autant dans l’excès. Et c’est bien là le plus difficile : apprendre à votre fillette à se respecter tout en lui enseignant comment devenir une femme, portée par de vraies valeurs. En tout cas les garder bien au chaud le plus longtemps possible en les protégeant des agressions du monde extérieur. Cela peut paraître excessif, et pourtant, le constat est sans appel…

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