Pourquoi je suis (parfois) une mauvaise mère…

Ce soir, on laisse tomber les TABOUS. Envie de me confier, d’OUVRIR MON COEUR, d’exorciser mes démons. Bref, de dire haut et fort ce que je suis. Je suis une mère IMPARFAITE, maladroite, anxieuse. Une maman qui fait, elle aussi, des grosses BÊTISES. Une femme qu’on juge pour le rôle qu’on lui impose dans la société, dans les magazines, dans les mentalités coincées de certains bourreaux OLD SCHOOL. Je suis MOI, tout simplement…

J’ai été une mauvaise mère…

quand je me suis bourrée de Coca loin d’être décaféiné tout au long de ma grossesse. Ça paraît futile comme ça, mais mon médecin m’avait prévenue. La caféine, c’est pas bon. Mais moi, j’aime pas le café. Juste le Coca. Et je suis plutôt tête de mule et particulièrement faible sous hormones, je l’avoue. Alors j’en ai bu. 1,5 litre par jour. Encore et encore à m’en brûler l’estomac. Et quand la maîtresse de mon loulou me prend à part pour me dire que mon fils est particulièrement agité ou qu’il a tendance à être un peu électrique dans ses gestes, je culpabilise. Je ne peux m’empêcher de me dire que tout est de ma faute.

…quand j’ai fumé quelques cigarettes, enceinte. Oui, je vais me faire détester. Mais on est honnête ou on ne l’est pas. Je peux m’attirer aujourd’hui toutes les foudres, je n’ai pas d’excuse, mais j’ai décidé de jouer franc-jeu.

Avant de tomber enceinte, je fumais comme un pompier, plus d’un paquet par jour. Lorsque le test a viré au positif les deux premières fois, j’ai stoppé net. Pensant que c’était facile. Qu’il suffisait de penser à ma crevette nichée dans mon bidou, pour que l’envie me passe. Faux. Je n’ai pas fumé. Rien. Et j’étais dans un état nerveux déplorable, un zombie.

Pour ma troisième grossesse, j’ai fait appel à une sage-femme tabacologue. Qui a été une merveille. Elle m’a aidé à me sevrer. Progressivement, sans me culpabiliser, même si je sais que ce n’est définitivement pas la bonne manière de faire. Qu’il fallait que je sois plus forte. Aujourd’hui, je ne fume plus. Libérée, délivrée de cette maudite clope. Mais au fond de moi, je ne peux m’empêcher, à la moindre bronchite de Raf, de me dire que tout est de ma faute. De la faute de mon ignorance, de ma faiblesse, de ma lâcheté.

quand je n’ai pas pu allaiter mon enfant. Tout au long de ma grossesse, la décision était ferme. Dans mon esprit, l’allaitement c’était nada. J’étais jeune et surtout, je ne savais pas encore tout ce que je sais aujourd’hui sur la mise au sein. Ses bienfaits, ses vertus. Pour moi, l’allaitement était et est toujours une question de choix, de ressenti. Mais quand j’ai accouché, pour ma part, j’ai changé d’avis. Je voulais le faire, plus que tout, donner le sein à mon bébé tout juste venu au monde. Mais la nature m’a punie de mon ignorance, aucune montée de lait à l’horizon. Non, je n’aurais pas été la mère nourricière que je voulais être. Larmes.

quand je travaillais sans relâche, de la maison, sur un ordi branché en permanence. Au début, je ne voyais pas le mal. Je me disais que tout le travail qu’on abattait avec mon chéri, c’était pour le bien de notre famille. Pour notre survie. Et puis mon fils a grandit. Et je crois bien, avec du recul, qu’il pensait passer au second plan. Très vite, il se mettait à hurler dès que j’osais répondre au téléphone, à faire couiner ses jouets pendant une réunion Skype, à taper mon PC dès qu’il en avait l’occasion. J’ai compris, j’ai agi. Plus d’ordis à la maison. Bon, sauf tard le soir quand il est sagement endormi…

quand je n’ai pas su détecter que mon fils était en détresse respiratoire. Il avait deux ans. Je n’ai rien vu. Rien du tout. Instinct de merde. Je pensais à un gros rhume qui ne passait pas. Et puis une nuit, tout s’est emballé, tout est devenu noir. Ses yeux se révulsaient, son torse se bombait péniblement et là, j’ai cru que je perdais mon enfant. Quand il a enfin reçu l’oxygène dont il avait besoin aux Urgences, après avoir géré la crise tant bien que mal grâce surtout au sang froid de son papa, j’ai fondu en larmes. Comme n’avais-je pu rien voir, rien ressentir, rien prédire… Étais-je une vraie maman ou une pauvre caricature ?

Je suis une mauvaise mère…

quand je laisse ma maison dans un bordel sans nom parce que je n’ai ni le temps, ni le courage de la ranger. Je suis crevée, comme nous toutes et souvent dépassée, comme nous toutes aussi. Que j’admire les mamans qui arrivent à tenir leur maison, leur boulot, leur gosses et même leur chignon, l’air de rien ! Je les envie, je les jalouse. Je ne sais pas comment elles font. Je n’ai pas de recette miracle et j’ai un peu tendance, parfois, à me laisser aller. Et quand il m’est impossible de trouver deux chaussettes propres de la même couleur et que Raf se tape la honte au gymnase, sonnette d’alarme, je suis allée trop loin.

quand je pleure intérieurement et que je pense qu’il ne le voit pas. Un enfant, ça ressent tout. Le mien est une véritable éponge à émotions. Je me suis toujours jurée de ne jamais pleurer devant mon fils. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour ne pas l’inquiéter, peut-être parce que gamine, j’ai trop souffert de voir la mienne bouffie de larmes. Bref, je me contiens. Des gros coups de blues, j’en ai des tas. Et je vous révélerai bientôt pourquoi. Mais toujours est-il que quand je ne vais pas bien, j’ai beau sécher les gouttes qui perlent sur mon visage et afficher un sourire un peu crispé, il sent bien que quelque chose ne va pas. De ses grands yeux interrogateurs, il me fixe du regard. C’est à ce moment précis que je me rend tristement compte que je suis loin d’être une super héroïne.

quand je lui fais mal, sans le vouloir. Je suis assez bourrine dans mon genre. Et mon homme et mon fils le sont aussi. Alors parfois, lors de parties de football enflammées ou de batailles de coussins géantes, je lui fais mal. Je le griffe, je le cogne, je le blesse. Accidentellement bien sûr, mais quel terrible sensation que de faire pleurer son enfant de douleur !

Je serai une mauvaise mère…

quand je deviendrai une vielle conne, qui aura oublié qu’elle a été jeune. Et qu’elle a fait, elle aussi, des bêtises. Même si je me promets chaque jour de ne jamais finir comme un vieux croûton inquisiteur et plein de reproches, je ne peux m’empêcher de me dire que si ça se trouve, la connerie, ça ne se contrôle pas. Bon, j’ai un peu le syndrome de Peter Pan… Peut-être qu’avec un peu de chance, je passerai à la trappe !

quand je serai jalouse de ses multiples conquêtes. Et surtout de la femme de sa vie. Je suis sanguine, possessive, mère poule. Gare à celle ou celui qui viendra briser le cœur de mon enfant. Je l’attends. Fermement. Et puis un jour, il faudra bien qu’il s’envole mon oisillon. Et là encore, je serai une mauvaise mère. Certainement. Car même si je tenterai de lui cacher la vérité, il comprendra. Oui, il comprendra que même si je suis fière de lui, j’ai le cœur brisé. Mon petit cœur de maman cassé en deux. Et ça, même avec toute la bonne volonté du monde, je ne saurai le maquiller…

quand je serai contrainte de l’abandonner, sans le vouloir, sans le prévoir. Quand le rideau se baissera pour moi, je sais qu’il souffrira. Qu’il m’en voudra, de le laisser là, sans le regard enveloppant de sa maman. Sans mon soutien, mes gestes et mes mots tendres. La mission de mon existence ? L’accompagner le plus longtemps possible sur les chemins de la vie.

Je suis une maman. Imparfaite, malhabile, en apprentissage. Mais si j’apprends chaque jour de mes erreurs, si je me lève chaque matin avec l’espoir d’être un peu meilleure, c’est sans doute grâce au regard bienveillant et plein d’amour que me porte mon fils. Il m’aide à avancer autant que je suis là pour lui, chaque jour, à ses côtés. Tous les trois, on grandit, on s’élève, on se soutient. Et finalement, c’est peut-être ça le principal…

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